Nous, signataires, appelons le nouveau Président
de la République à une refondation de l’Ecole, tout particulièrement de
l'Ecole primaire. C'est une cause nationale, qui dépasse les clivages
de la vie politique.
Depuis des années, l’Ecole est malade. Ce constat, les
Français le font chaque jour.
• Les enfants, à la sortie de l’Ecole primaire, maîtrisent de moins
en moins bien la langue française. Beaucoup ne savent pas lire en arrivant
en 6ème. Les capacités en écriture se dégradent. Tous les apprentissages
de base de la langue sont sinistrés : orthographe, vocabulaire, conjugaisons,
grammaire, syntaxe.
• De même en mathématiques : les quatre opérations, la règle de
trois, les calculs sur les fractions ou sur les unités de mesures courantes,
les éléments simples de géométrie, ne sont plus maîtrisés à la sortie
de l’Ecole primaire.
Le raisonnement mathématique a quasiment disparu jusqu'à la fin du collège.
• L’histoire, la géographie et les leçons de choses sont aussi touchées.
Les repères chronologiques essentiels de l’histoire de notre pays et les
grands traits de sa géographie physique ne sont plus connus.
Les causes internes de cette dégradation sont identifiées :
• Depuis trente ans, les programmes de l’Ecole primaire se sont
beaucoup appauvris sur l’essentiel, tout en affichant des ambitions démesurées
sur l'accessoire. Une foule de sujets disparates, la pratique ludique
des « nouvelles technologies » et la multiplication des activités périscolaires
(prises sur le temps scolaire) empiètent gravement sur les apprentissages
systématiques, en particulier en français et en calcul, qui sont les fondements
indispensables de l'instruction (on est ainsi passé, en trente ans, de
15 à 9 heures de français par semaine au CP).
D’après l’Inspection Générale (rapport officiel
de 1998) :
• Selon les années, entre 21 et 35 % des élèves entrent en sixième
sans avoir acquis les bases de la lecture, de l'écriture, et du calcul
(évaluation qui ne prend pas en compte ceux qui déchiffrent mais ne
comprennent pas bien ce qu’ils lisent).
La dégradation des compétences en français :
• En 2000, une association de professeurs de français (SLL)
a fait faire à 2000 élèves de 2nde une dictée datant de 1988, corrigée
selon les consignes de notation de 1999 (avant la réforme de 2000).
ÿ Un quart des copies ont obtenu un zéro (plus de vingt fautes lourdes)
• En 2004, après quatre ans d’application des nouveaux programmes,
ils ont recommencé l’expérience, sur 2500 élèves, avec la même dictée
et les mêmes règles de notation. ÿ la moitié des copies obtenaient
un zéro.
Cf. aussi comparaison saisissante menée par la DEP entre les performances
des élèves de 1995 et de 1923, à partir de 9000 copies du Certificat
d’études retrouvées dans la Somme. Voir : http://michel.delord.free.fr/cep96.pdf
Le recul des compétences en mathématiques, à
la suite des réformes des programmes du primaire de 2002 :
Tests à l’entrée en 6ème :

Statistiques extraites des données brutes de la Direction des Etudes
et de la Prospective du Ministère de l’éducation nat., 2005.
Autres données, tirées du même test à l’entrée en sixième (DEP, 2005)
:
Écrire six cent vingt sept mille en chiffres : ...25% d'échecs.
Quel nombre faut-il ajouter à 25 pour trouver 100 : ...28% d'échecs.
Combien valent 60 divisés par 4 (calcul mental) : ......60% d'échecs.
876 x 34 (calcul posé) : ..........................................53%
d'échecs.
27,5 x 23 (calcul posé) : .........................................70%
d'échecs.
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